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d'Elisa VIX


La Baba-Yaga

Le corps sans vie de Tania Verneuil est découvert dans la forêt de Coucy. La belle Russe a été sauvagement défigurée.

En ce froid matin de février, le lieutenant Thierry Sauvage de la PJ de Soissons est chargé de l'affaire. Flic séduisant, au raisonnement particulier et au penchant naturel pour la sieste et le whisky irlandais, ce dernier va se confronter à une enquête où l'énigme perdure jusqu'à la dernière ligne. Il va devoir employer tout son savoir-faire, dont certaines méthodes ne sont pas nécessairement appréciées de sa hiérarchie, pour aborder des personnages ambigus : des amateurs de poésie, un médecin véreux, un psychiatre serbe brouillon, un veuf joyeux, des assistants fidèles, des femmes enceintes... tout en s'empêtrant dans une vie privée en déconfiture.

La Baba-Yaga a été sélectionnée pour le prix intra-muros de Cognac 2006, le prix polar de Montigny-les-Cormeilles 2006 et le prix polar derrière les murs de Valence 2007.

Interview par Patrick GALMEL (Pol'art noir) à la parution de la Baba-Yaga


Polarnoir : Elisa Vix bonjour. Pouvez-vous vous présenter quelques mots ?
Elisa Vix : Blonde, 1m78, 90-60-90, QI 180, ah, non, ça c’est Sharon Stone, je sais pas pourquoi, on nous confond tout le temps ! ( pourtant je suis beaucoup plus jeune).

Polarnoir : Le terme d'écrivain "amateur" utilisé (de moins en moins il est vrai, voire même plus du tout) dans la description de cette partie du site ne vous parait-il pas un peu réducteur, voire même péjoratif ?
Elisa Vix : Non, si amateur signifie non-professionnel et qui ne se prend pas trop au sérieux, ça me va tout à fait. Otez-moi d’un doute, ça existe diplôme d’écrivain ?

Polarnoir : Vous-même, comment en êtes-vous arrivé à l'écriture ?
Elisa Vix : A part un plagia du « club des cinq » vers 8-10 ans, je n’ai rien écrit avant l’âge avancé de 35 ans. Puis je suis tombée sur « La chambre du haut » de Mildred Davis, un petit polar, un peu vieillot par certains côtés, qui m’a enchantée. Il y avait tout ce que j’aimais, l’atmosphère mystérieuse, les secrets de famille, un histoire d’amour. J’ai eu envie d’écrire pour apporter le plaisir que j’avais ressenti à la lecture de « La chambre du haut » à d’autres personnes. Au départ, c’était un pari avec moi-même. J’ai écrit un premier roman policier qui n’a pas été publié et qui, je pense, était trop marqué par l’ambiance noire du roman de Mildred Davis. Mes gammes, comme on dit. Puis « La Baba-yaga », plus rythmé, plus drôle, plus contemporain.

Polarnoir : Pourquoi avoir choisi de vous exprimer à travers le polar plutôt qu'un autre genre littéraire ?
Elisa Vix : En fait, ça a été le véritable déclic. J’avais toujours caressé l’idée d’écrire un roman, mais pas un polar alors que j’en lis beaucoup, comme si l’écriture de romans policiers était réservée à quelques spécialistes. Et puis j’ai découvert que Fred Vargas était archéologue, Maud Tabachnik kiné… Tout le monde pouvait donc écrire des polars ! Ca m’a décomplexé et je m’y suis mise.
J’écris des polars parce que j’aime en lire, j’aime le mystère, le suspense, la psychologie, les enquêtes… et en plus ça me donne un alibi pour regarder « faites entrer l’accusé ».
En ce qui concerne l’écriture proprement dite, l’énigme policière est très intéressante, c’est un fil conducteur sur lequel on peut greffer les déboires privés des héros, des réflexions personnelles….

Polarnoir : Dans votre roman "La Baba-Yaga", vous mettez en scène un lieutenant de police, Thierry Sauvage. Un personnage pas vraiment sympathique, un homme ordinaire, égoïste et macho qui se débat avec ses problèmes de paternité. Faut-il le prendre comme représentatif de la gent masculine ?
Elisa Vix : Certes non. Mais avouez que c’est plus amusant qu’un héros sans peur et sans reproche ? Je ne le trouve pas si antipathique malgré ses défauts et ses mesquineries. Il vit comme il lui plaît, sans hypocrisies, sans compromissions.

Polarnoir : En tout cas, le macho plein d'assurance en prend pour son grade. Il ne sort pas indemne de l'aventure et finit par remettre en cause quelques unes de ses "opinions". Pensez-vous qu'on peut soigner celle maladie ?
Elisa Vix : Non, pas au niveau de l’individu. Mais les mentalités évoluent ; les hommes des nouvelles générations sont beaucoup moins macho, même s’ils n’aiment toujours pas faire le ménage. Mais qui les en blâmerait ?

Polarnoir : Les femmes entourent le lieutenant : son ex, Maryse, sa compagne actuelle, Valérie, ou son adjointe, Joana. On pourrait penser que, chacune à leur manière, elles s'en sortent mieux sans homme à leur côté alors que lui, au fond, ne peut pas se passer d'elles. Est-ce bien ce que vous avez voulu marquer ?
Elisa Vix : Euh, non. La fin du roman est un retournement de situation dans la vie amoureuse du héros : c’est le Don Juan qui finit par être pris à son propre piège, c’est-à-dire par s’attacher (à Valérie). Je me suis évidemment amusée à faire dégringoler ce macho plein de certitudes de Charybde en Sylla, au passage il y perd même sa virilité !
Pour répondre à votre question, je ne crois pas que les femmes s’en sortent mieux seules que les hommes, je ne crois même pas que le couple, la famille, soient les institutions obligées vers lesquelles tout le monde doit tendre. Mais c’est vrai que les femmes du roman sont fortes et indépendantes, je n’arrive pas à créer des personnages féminins faibles et insignifiants…

Polarnoir : À travers votre récit et l'enquête de police, vous abordez de nombreux sujets. À propos du docteur Lorrent et de son traitement contre les fausses couches par exemple, on pense aux expérimentations sur la Thalidomide qui inspirèrent à Martin Winckler son roman Mort In Vitro. Comme lui, puisez-vous dans la réalité concrète les éléments qui construisent votre intrigue ?
Elisa Vix : Oui, bien sûr. En tant que vétérinaire, j’ai une formation médicale, forcément ça m’influence mais l’intrigue principale de « La baba-yaga » m’est venue en regardant un reportage sur les mariages arrangés entre russes et américains.

Polarnoir : Vous glissez régulièrement dans votre roman des références cinématographiques diverses. Seriez-vous aussi cinéphile ?
Elisa Vix : J’aime la fiction en général. Je suis donc cinéphile mais je ne suis pas une encyclopédie vivante et j’ai des goûts plutôt éclectiques.

Polarnoir : D'ailleurs, votre présentation d'un microcosme bourgeois de province m'a rappelé l'approche de Claude Chabrol dans ses films : la respectabilité qui disparaît lorsqu'on gratte un peu. La référence vous semble-t-elle pertinente ?
Elisa Vix : Tout à fait, d’ailleurs Claude, si tu nous lis… En réalité c’est surtout parce que c’est un milieu que je connais. Je ne pourrais jamais écrire un polar mettant en scène des mafieux, par exemple, c’est beaucoup trop éloigné de moi.

Polarnoir : Après un premier essai réussi, j'imagine qu'on ne repose pas son crayon (ou son stylo, ou son clavier). En d'autres termes, quels sont vos projets en matière d'écriture ? Thierry Sauvage est-il appelé à devenir récurrent ?
Elisa Vix : Au départ non, mais lorsque j’ai appris que « La Baba-yaga » allait être publié, je me suis pris d’un regain d’affection pour lui... Sa deuxième enquête paraîtra aux éditions Odin à l’automne 2006.

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